Le projet Re-Public vise clairement à générer une appropriation accrue et facilitée du domaine public. Par son caractère citoyen et participatif, il s’inscrit dans la politique globale de Montréal, qui cherche à vitaliser toujours davantage ses quartiers. Nous envisageons une première installation de nos modules dans le Champ des possibles, tant pour l’esthétique de ce lieu, dont l’aspect naturel contrebalancerait la rigueur formelle de notre projet, que pour le public auquel il serait confronté.
Le Champ des Possibles est à la fois espace urbain et espace sauvage. C’est cette tension qui nous intéresse, et nous fait croire que notre projet s’y inscrirait parfaitement. Les modules que nous proposons, visuellement simples, colorés, presque épurés et pourtant visibles, viendraient s’associer à la flore du Champ, pour mieux encore la mettre en valeur. C’est parce que nous amenons un objet curieux, un peu hors contexte, que la cohérence éclot de cette association. En découle un dialogue entre design et nature, où les objets mettent en lumière la biodiversité du terrain, et vice-versa. Le mandat même du Champ des Possibles est de dynamiser un lopin de terre, entre le Mile-End et les rails de la Canadian Pacific ; il est une friche en quête perpétuelle d’occupants, un terrain de récréation et d’expression artistique, loin des axes bruyants.
Nous projetons une seconde vie au projet en le déposant dans des ruelles, espaces ambigus, publics mais témoins d’une certaine vie privée. Très urbaines et cependant un peu en marge, terrains à investir en pleine ville, habitées mais pas optimisées, les modules Re-Public constituent un atout pour la vie de quartier, deviennent de nouveaux pôles d’intérêt, de détente et de rencontres.
Les créations Re-Public sont conçues comme intrigantes pour attiser la curiosité, et suffisamment évidentes pour générer l’utilisation. Pour que ce processus s’applique, nous proposons un système d’objets manipulables et déplaçables, dont l’action humaine va dicter la fonction… Son utilisateur est un passant lambda, un flâneur curieux, un citadin qui désire prendre le temps d’appréhender l’espace dans lequel il évolue. Afin que l’interaction s’opère et que le projet rencontre son public, nous envisageons une installation pendant la période estivale, de mai à septembre 2014.