En attendant, la culture !

Attente, Culture, Expérience collective

En attendant, la culture ! est un projet de design événementiel qui présente une nouvelle façon d’aborder l’attente publique. Souvent perçue comme un temps perdu, d’inaction et d’inefficacité, cette attente partagée a pourtant le potentiel d’être requalifiée en tant que « temps public ». Pour ce faire, nous proposons de mettre ce temps disponible qu’offre l’attente au service de la culture. Suscitant à la fois curiosité et créativité, ce projet participatif incite à l’interaction entre les publics de tous âges et horizons.

En collaboration avec Marine Ledoux-Lebard

En attendant, la culture ! est un projet de design participatif transformant des abribus en capsules culturelles interactives. Il pallie l’ennui et les frustrations de l’attente du transport en commun et met à profit ce temps public disponible en l’utilisant comme medium culturel.

Un sondage réalisé en octobre 2012 (pour lequel nous avons obtenu plus de 300 réponses) nous a appris que 85% des résidents montréalais n’aiment pas attendre, surtout par impression de perdre leur temps. Pratiquement tous les répondants se sont montrés enthousiastes à l’idée de participer à une installation qui ferait de leur moment d’attente un événement.

Au courant des dernières années, plusieurs projets urbains éphémères tels que Tisse ta culture (La Camaraderie, 2012) et 21 Balançoires (Daily tous les jours, 2011-2012), installés au Quartier des spectacles, ont sollicité la participation des Montréalais avec succès. Ils ont démontré que la création et l’amusement incitent à la coopération et aux échanges. Notre projet s’inscrit donc dans un mouvement grandissant vers le design interactif installé directement en milieu urbain et qui fait de la ville de Montréal un environnement plus vivant et animé.

En investissant des abribus situés à proximité de lieux dédiés à la culture (Musée d’art contemporain, Musée des beaux-arts, Agora de la danse, Maison symphonique, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Espace GO, Maison de l’architecture du Québec), nous profitons des nombreux transits quotidiens du Centre-Ville et particulièrement ceux du Quartier des spectacles. En renvoyant à ces différentes maisons culturelles selon le type d’art proposé, nous ouvrons la porte à divers financements privés de la part des centres les plus importants et offrons une visibilité accrue à ceux qui gagnent plutôt à être connus. Ce faisant, le projet s’inscrit dans la mission du Quartier des spectacles de « prolonger son expérience sur les espaces publics » et suit également sa stratégie cherchant à relier les différents pôles d’activités afin de « renforcer les destinations culturelles ».

En plus d’une entente avec le Quartier des spectacles, nous pensons à un partenariat avec la STM qui « s’associe régulièrement à divers événements afin de promouvoir la culture et ainsi faire vivre une expérience hors du commun à sa clientèle ». Notons que ses efforts sont surtout concentrés dans le métro. Nos abribus transformés ont donc le potentiel d’innover et de déployer l’engagement culturel de la STM en complétant la programmation des Métro Arts par exemple. Nous souhaitons également obtenir un soutien financier de la part du Conseil des arts de Montréal qui, à travers ses divers programmes de subventions, promeut la diversité artistique et encourage la relève.

Bien que nos capsules pourraient devenir des interventions plus permanentes, nous donnons le coup d’envoi durant les Journées de la culture qui sont annuellement orchestrées par Culture pour tous, un organisme dont la mission est de « contribuer à faire reconnaître les arts et la culture comme dimensions essentielles du développement individuel et collectif en favorisant la participation des citoyens à la vie culturelle ». L’événement se déroulant du vendredi au dimanche, nous serons en mesure de toucher un public varié, c’est-à-dire tant les travailleurs que les passants de tous âges et horizons, ainsi que tous les curieux et les familles qui feront le tour des activités offertes par la programmation des Journées de la culture 2013.

En collaboration avec Marine Ledoux-Lebard

C’est une réflexion sur la vitesse urbaine qui a amorcé la conception de ce projet. Nous nous sommes questionnées sur les modes de vie et de circulation en milieu urbain, sur leur caractère répétitif et rapide, mais aussi sur les temps morts ponctuant cette routine… Où se trouvent les essoufflements de la ville ? Qu’est-ce qui les caractérise ? Quelle est la « vitesse zéro » du domaine public ? De là s’est entamée une recherche sur l’attente d’ordre public. Nous avons abordé la question selon une approche pragmatique, c’est-à-dire sur les lieux urbains destinés à l’attente, leur aménagement et la durée de l’attente leur étant normalement associée, mais aussi selon une approche sensible, c’est-à-dire sur la perception qu’ont les gens de l’attente ainsi que les activités et postures qu’ils adoptent en ces différents lieux. Par intérêt mais aussi parce qu’elle nous semblait la plus irritante, nous avons choisi de nous pencher davantage sur l’attente reliée au transport en commun. Outre l’incommodité des espaces et équipements ou encore l’inconfort dû à la proximité d’autrui, l’attente associée au transport public est avant tout un « problème » dans la mesure où on la subit, où tout contrôle nous est impossible. Vécue jour après jour par une grande majorité de citoyens, ce type d’attente est effectivement très souvent perçu de manière péjorative. Mais en y réfléchissant bien, ces temps d’attente sont pourtant des suspensions dans la vitesse de notre quotidien, des moments de répit dont nous avons inconsciemment besoin. Or, nous nous sommes donné comme mission de trouver une façon de modifier la perception populaire de l’attente afin que les citadins profitent de ce temps de pause qui leur est offert. Notre concept ne vient donc pas perturber cet esprit d’arrêt ; la participation n’est pas imposée mais laissée à la discrétion de l’usager et nous évitons avant tout la sur-stimulation. Notre projet offre aux individus en attente la possibilité d’interagir avec des installations ludiques dédiées à la culture. L’attente n’est alors plus une finalité, mais un moyen : un moyen d’encourager la culture et la création. Ainsi, dans le cadre des Journées de la culture, sept abribus savamment sélectionnés seront transformés en capsules culturelles participatives dans le but de sensibiliser les citadins aux arts. Ainsi du 27 au 29 septembre 2013, des abribus situés dans les environs de grandes maisons de la culture de Montréal feront découvrir ou redécouvrir tour à tour l’art contemporain, les beaux-arts, la danse, la musique, la littérature, le théâtre et l’architecture aux passants les plus curieux, mais avant tout à ceux qui y attendront l’autobus. Les capsules, imaginées comme des petites leçons-éclairs, seront conçues de manière à être comprises et réalisées dans un court laps de temps. Intuitives et interactives, elles témoigneront du passage du temps et inciteront aux échanges. Les gens attendant le même autobus seront enfin amenés à communiquer entre eux par le biais d’une création collective. En collaboration avec Marine Ledoux-Lebard