Voir pour toucher

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Notre pratique de l’espace urbain se résume trop souvent au visuel. Or, les sons, les odeurs et le toucher y sont bien présents et participent à l’expérience urbaine quotidienne de chacun.
Le toucher est le sens que la ville sollicite le moins. Par ailleurs, il inspire une notion de dégoût liée au partage de l’espace public. Il paraît ainsi intéressant d’aller au-delà de ces préjugés en proposant une série d’objets dans différents lieux invitant les usagers à toucher leur ville.

«Voir pour toucher» est un projet qui s’inscrit dans la volonté de la ville de Montréal d’améliorer la propreté des espaces publics. En effet, depuis 2009 a été mis en place  un programme propreté mettant en avant le fait que «la malpropreté des espaces publics engendre chez les habitants un sentiment de malaise et d’insécurité qui nuisent à la qualité de vie de façon importante.». Afin de sensibiliser la population et d’agir concrètement, entre fin Avril et début Mai est organisée une fin de semaine dont le but est de ramasser les déchets de lieux définis dans différents quartiers. Cet évènement, la «Grande Corvée», a rassemblé plus de 12 000 bénévoles en 2012, prouvant ainsi l’importance de cette cause pour les Montréalais.

Le projet proposé vise à dédramatiser ce dégoût de la ville à l’aide d’un dispositif semblable à une longue vue, appelé «cornet». Ces cornets, disséminés à des endroits pertinents dans l’espace public à différentes hauteurs, invitent les gens à faire corps avec l’espace public. L’objet est ainsi un médiateur entre ce que l’on voit et la position que l’on adopte en touchant l’espace public pour pouvoir regarder à travers le cornet.

«Voir pour toucher» s’adresse donc à un public curieux, mais plutôt aux gens ayant l’habitude de côtoyer le quartier. Les cinq lieux d’interventions prévus se situent à Berri-UQAM, autour de l’Université du Québec A Montréal. En effet, du fait de la proximité de la place Emilie Gamelin, ce quartier est vu comme sale, voir presque répugnant. Il s’agirait donc, dans un premier temps, d’un partenariat avec l’UQAM et la ville de Montréal. On pourrait envisager l’extension du projet dans d’autres quartiers de Montréal, aux alentours de lieux investis par la Grande Corvée afin de permettre à un plus grand nombre de partager cette expérience.

 

Lieu 1 - Voir pour toucher du gazon

Lieu 1 – Voir pour toucher du gazon

Lieu 1 - Texture vue à travers le cornet

Lieu 1 – Texture vue à travers le cornet

Lieu 2 - Voir pour toucher de la pierre

Lieu 2 – Voir pour toucher de la pierre

Lieu 2 - Texture vue à travers le cornet

Lieu 2 – Texture vue à travers le cornet

Lieu 3 - Voir pour toucher de la brique

Lieu 3 – Voir pour toucher de la brique

Lieu 3 - Texture de la brique vue à travers le cornet

Lieu 3 – Texture de la brique vue à travers le cornet

Lieu 4 - Voir pour toucher du béton

Lieu 4 – Voir pour toucher du béton

Lieu 4 - Texture du béton vue à travers le cornet

Lieu 4 – Texture du béton vue à travers le cornet

Objet - Détail du poinçonnage du titre "Voir pour toucher"

Objet – Détail du poinçonnage du titre « Voir pour toucher »

Dans l’espace public la vue est fortement sollicitée, laissant pour compte les sons, les odeurs et le toucher. Ces derniers jouent cependant un rôle primordial dans notre perception de la ville malgré le fait que, en particulier, toucher la ville dégoûte et répugne. On établit un contact physique avec notre environnement urbain uniquement par nécessité : pour se tenir dans le métro ou se reposer sur un banc par exemple. Cependant, cet espace public nous appartient à tous, et c’est justement cette notion de partage qui pose problème. C’est parce que personne ne s’y sent attaché que l’on retrouve tous ces déchets au sol. 
 L’intention première de «Voir pour toucher» est de dédramatiser ce dégoût de toucher notre ville. Les gens étant attirés dans l’espace urbain par les sollicitations liées à la vue, il paraissait intéressant de trouver un moyen permettant de relier vue et toucher afin de leur faire toucher leur ville. C’est un objet appelé «cornet» qui, en invitant les gens à regarder à travers celui-ci, les oblige à toucher l’espace urbain. Celui-ci prend la forme d’une longue vue dont le côté par lequel on regarde à la forme d’un rond, et celui par lequel on voit celle d’un carré. La texture que l’on voit est donc inscrite dans un carré : il s’agit d’un échantillonnage de la ville. C’est un principe géométrique qui permet cette forme un peu particulière. Dupliqué à plusieurs endroits de la ville cet objet, par sa position et sa hauteur, invite ainsi les gens à toucher l’espace public, en se collant contre un mur ou en s’appuyant sur un muret par exemple. Ce que l’on voit est ce que l’on touche. Ainsi, à travers le titre «Voir pour toucher» inscrit sur les cornets, les participants comprennent qu’en quelque sorte ils ont été trompés et que ce n’est pas le fait de toucher l’espace public qui gêne mais le fait d’y penser. Les lieux choisis sont des espaces légèrement reculés, un peu oubliés. La couleur bleu choisie pour les cornets permet ainsi d’attirer l’attention des participants afin qu’ils puissent s’adonner à cette expérience. «Voir pour toucher» est un projet qui a donc pour but, à l’aide d’un subterfuge, d’inciter les gens à toucher leur ville et de faire ainsi en sorte qu’ils s’y sentent plus attachés. Dupliqué à plusieurs endroits de la ville cet objet, par sa position et sa hauteur, invite ainsi les gens à toucher l’espace public, en se collant contre un mur ou en s’appuyant sur un muret par exemple. Ce que l’on voit est ce que l’on touche. Ainsi, à travers le titre «Voir pour toucher» inscrit sur les cornets, les participants comprennent qu’en quelque sorte ils ont été trompés et que ce n’est pas le fait de toucher l’espace public qui gêne mais le fait d’y penser. Les lieux choisis sont des espaces légèrement reculés, un peu oubliés. La couleur bleu choisie pour les cornets permet ainsi d’attirer l’attention des participants afin qu’ils puissent s’adonner à cette expérience. «Voir pour toucher» est un projet qui a donc pour but, à l’aide d’un subterfuge, d’inciter les gens à toucher leur ville et de faire ainsi en sorte qu’ils s’y sentent plus attachés.