Y va faire beau!

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Bien ancré dans l’imaginaire collectif montréalais, le métro nous vient de cette époque où tout semblait possible et où le Québec allait de l’avant ; il s’inscrit aujourd’hui dans la routine de milliers de montréalais sans plus de cérémonies.

Et s’il faisait beau à nouveau dans le métro?

Afin de souligner son 50e anniversaire en 2016, je propose de ramener les passions à la surface à l’aide de wagons-capsules ambulants. (Re)découvrons quelques uns des événements artistiques des dernières décennies qui ont le plus marqué le Québec pour voyager autrement : pour voyager ensemble.

Un anniversaire est souvent synonyme de célébration. On souhaite ainsi marquer le temps qui passe, se remémorer les bons coups et les réalisations passées et pourquoi pas, tenter d’entrevoir ce qui se dessine pour l’avenir. 

J’aimerais donc que ce bilan puisse avoir lieu collectivement lors de cette année anniversaire à venir – et en préambule aux festivités du 375e de la ville de Montréal en 2017 également -, en proposant à la STM mouvement collectif de transformer certains wagons en capsules temporelles ambulantes. Capables de nous faire voyager à travers les époques, elles nous permettraient de remettre à l’honneur certaines réalisations marquantes et historiques d’artistes québécois qui, grâce à leur vision porteuse d’avenir, on su faire évoluer notre identité collective et souvent même, la société québécoise elle-même.

À chaque mois, tout au long de l’année, un événement révolutionnaire serait ainsi mit à l’honneur, à travers la présentation d’archives multimédiatiques et de contenu informatif. En redéfinissant l’ambiance et l’architecture des voitures de métro de la sorte, une nouvelle façon d’expérimenter ce moyen de transport pourra émerger dans l’imaginaire. Par ailleurs, cela permettrait finalement de renforcer l’attachement des habitants et visiteurs de la métropole envers certains aspects de la culture québécoise, autant que le métro en lui-même.

 

Étant un important symbole de l’identité montréalaise, je n’imagine pas meilleur porteur de cette effervescence d’autrefois que le métro de Montréal. Il représente une vitrine intéressante pour un tel sujet, faisant déjà partie intégrante de la vie d’une bonne partie de la population en plus d’être un moyen très répandu auprès des touristes pour découvrir la ville. La STM mouvement collectif s’intéresse déjà de très près à l’amélioration de ses services et de l’expérience usager, tout en s’impliquant à divers échelle dans la vie culturelle québécoise, soit par des partenariats ou des commandites, ou en présentant des oeuvres d’art uniques dans plusieurs stations du réseau de métro. Un tel projet serait donc en continuité avec l’évident soucis de la STM de participer au développement et au maintient des intérêts de sa communauté, tout en lui permettant de s’affirmer encore un peu plus en tant que mouvement collectif.

Plan des zones

Cristaux+petitIntérieur_éclairage

Où, dans l'espace public montréalais, la population peut-elle se rassembler pour échanger et s'exprimer sur ce qui la passionne et la préoccupe? J’ai finalement pu y répondre lorsque je me suis mise à considérer ce questionnement différemment. En effet, plutôt que de chercher un endroit qui pourrait acceuillir un rassemblement, peut-être existe-t-il déjà un lieu où se regroupent systématiquement les gens, sans pour autant qu’il y ait d’échanges émotionnels possibles. Voilà comment le métro montréalais s’imposa à moi comme lieu d’intervention. Tout en présentant la majorité des ingrédients nécessaires au rassemblement, il en incarne finalement l’anti-thèse en évacuant l’idée de l’expression d’un « nous collectif ». Car bien qu’il permette effectivement de regrouper quotidiennement des milliers de personnes, il n’y a pas spécialement d’expérience humaine a partager qui y soit scénarisée ; en cela le métro est ce que j’appelle un « non-rassemblement ». Il fait cependant bien partie de nos habitudes et de la façon dont nous expérimentons Montréal, qu'on aime s'y entasser ou non ; le métro demeure encore aujourd’hui, un symbole identitaire fort pour la ville. C'est donc suite à ce constat que se forma l'idée d'investir les wagons, afin de rendre l'expérience du transport moins mécanique - tout en respectant sa vocation de véhicule à utilisation généralement rapide -, en mettant à profit sa potentialité rassembleuse. Des projets comme « Piano staircase »1 à Stockholm en Suède ou les performances éclairs d'Improv Everywhere2 sont de très bons exemples d'expériences captivantes et marquantes à faire vivre à une foule de gens, à travers peu d'efforts de leur part. Le fait qu'elles s'inscrivent sur la place publique, qu'elles viennent renverser le quotidien s'y déroulant interpelle forcément ; une fois notre attention captive nous sommes rapidement séduits par l'expérience en elle-même grâce à des mises en scènes interactives et / ou des dispositifs multimédiatiques. Il s'agit de faire vivre un moment unique là où le banal nous guettait à priori, de surprendre pour conscientiser, de faire vivre pour faire comprendre. D’autres projets, plus spécifiquement destinés aux usagers de transport en commun, démontrent également l’intérêt porté à rehausser l’expérience d’utilisation de ces services. Pour ne nommer que ceux-là, pensons entre autres à Audiosphère3, application lancée par la STM avec 2XM Interactive et MUTEK qui permet aux usagers d’écouter des pièces musicales d’artistes de musique électronique montréalais dans l’autobus. Égayant le trajet visuellement cette fois, le Masstransiscope4 de Bill Brand dans le métro new-yorkais émerveille lui aussi grâce à son caractère surprenant.